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e-lettre n°5 de février 2008 <
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e-lettre n°6 de Mai 2008
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e-lettre n°8 de février 2009
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La e-lettre n°5
Automatisation de production : un univers en expansion permanente
Les mutations technologiques des dix dernières
années, avec notamment l'émergence des communications sans fil
et le raz-de-marée des applications basées sur internet, ont significativement
modifié la vie quotidienne des automaticiens. En effet, si les procédés
et les machines évoluent peu dans leur essence, il en va tout autrement
de leur environnement…
L'automaticien voit son périmètre s'étendre alors même que dans la plupart des entreprises, les services centralisés et spécialisés dans l'automatisation et la maintenance ont tendance à se réduire comme une peau de chagrin. L'automaticien se trouve donc face à de nouveaux défis. Il doit appréhender les nouvelles techniques et outils qui sont associés aux nouvelles technologies. Il doit surtout être capable de répondre aux nouveaux problèmes que posent l'apparition des communications radio et la présence de l'internet au cœur des installations automatisées.
La cyber-sécurité, restée longtemps l'apanage et la préoccupation
des services informatiques centraux, devient un vrai problème de sûreté
de fonctionnement. Les autorités gouvernementales de tous les pays industrialisés
se penchent sur la question et incitent les industriels à auditer leurs
systèmes afin d'en connaître les vulnérabilités et
d'en corriger les faiblesses. C'est donc tout naturellement que notre Club va
onsacrer cette année une journée à ce sujet. Avec des intervenants
particulièrement affûtés dans ce domaine, cette journée
s’annonce captivante. Elle permettra notamment aux automaticiens de confronter
leurs expériences et de faire le point sur les évolutions récentes,
dont la norme S99.
INGENIERIE INTEGREE
Prise de risques
La latitude d’une ingénierie intégrée
devant la prise de risques en phase projet n’est pas la même que
celle d’un prestataire extérieur…
« Pour mener à bien nos missions d’ingénierie,
selon de bonnes pratiques, nous arrivons à obtenir les ressources nécessaires.
De ce fait, notre niveau d’ingénierie est relativement élevé,
ce qui est plutôt une bonne chose », reconnaît un coordinateur
d’affaires au sein du pôle électricité, automatisme
et instrumentation d’un industriel.
Quelle est votre vision de la prise de risques dans la conduite de projet
? « Je suis partisan d’observer les points positifs dans chaque
projet et de les améliorer, sans pour autant pousser trop loin cette
recherche. J’observe par ailleurs que les échecs ont souvent
pour cause les mêmes raisons. La prise de risques doit alors s’effectuer
pas à pas. Si les prestataires pratiquent une culture “zéro
risque”, ce n’est pas le cas pour nous, du fait de l’ingénierie
intégrée. Notre approche du risque est toutefois cadrée
par le fait d’atteindre une production la plus fiable possible, mais
pas forcément dans des délais pratiqués par d’autres
industries.
Je revendique d’ailleurs le fait qu’il n’existe pas de solutions
universelles sur la manière de conduire un projet comme pour les solutions
techniques disponibles, contrairement à ce que certains acteurs voudraient
bien faire croire. Il convient de faire la part entre “ça marche
techniquement” et “ça marche au sein d’un projet”.
La nuance est grande ! »
Quelles sont vos relations avec vos prestataires ? « Nous faisons
intervenir plusieurs centaines de prestataires sur nos projets, explique le
coordonateur. J’essaie le plus possible d’éviter les personnels
détachés n’ayant pas l’expérience de terrain
requise, ce qui arrive assez souvent avec nos prestataires “professionnels”.
Nous préférons travailler avec des intégrateurs ayant
de fortes compétences, qui connaissent bien leur métier, dans
une perspective de réalisation. Il est plus facile de pratiquer la
conception en venant du terrain… que l’inverse ! »
INTEGRATION
Pourquoi rester fidèle à une solution d’automatisme ?
En réponse à son client, le constructeur
de machines doit parfois adapter ou modifier ses habitudes d’automatisation.
Mais ce changement de cap contraignant et coûteux pour l’intégrateur
pourrait être évité en toute transparence pour le client.
Explications…
Spécialiste du comptage par vision, du contrôle qualité
par vision, du convoyage et du conditionnement, De La Ballina Industrie (1)
conçoit et intègre des machines spéciales. «
L’automatisation des machines doit permettre un interfaçage rapide,
souligne Pascal Ginestet, en charge de l’avant-vente et des choix techniques.
Nous recherchons également des solutions intégrées avec
la supervision, afin de proposer une architecture la plus homogène possible
à nos clients. »
De La Ballina Indsutrie s’est spécialisé autour d’une
solution unique d’automatisme. Cela convient-il à tous les clients
? « Effectivement, certains clients souhaitent voir intégrer
d’autres solutions. Mais ce qu’ils veulent avant tout c’est
l’assurance de la maîtrise technique et de résolution des
problèmes éventuels au plus vite. . Un compromis souvent trouvé
est de fournir avec la machine des pièces de rechange telles que les
cartes CPU. Financièrement, cela nous revient moins cher que de développer
l’automatisme sous un autre standard. De toute façon, la plupart
des problèmes potentiels sont liés à la partie logicielle
du projet. La partie matérielle des automatismes, mis à part les
pupitres opérateurs, nécessite peu de remplacements. Nous faisons
alors comprendre à nos clients qu’il est préférable
de rester sur une solution correctement maîtrisée, plutôt
que d’en intégrer une autre, forcément moins bien connue.
Ainsi, nous assumons en totalité nos développements, sans nous
retrancher derrière un choix contraignant proposé par le client.
Par ailleurs, changer de solution d’automatisme entraîne aussi un
changement de l’IHM et surtout de sa documentation, relativement coûteuse,
surtout lorsqu’elle est fournie en plusieurs langues. Nos clients comprennent
donc assez facilement ce qui nous pousse à conserver une solution d’automatisme
parfois différente de celle imposée au cahier des charges. »
(1) Entreprise de 50 salariés basée en Midi-Pyrénées.
RESEAU SANS FIL
Wi-Fi pour les automatismes de l’Opéra de Paris
L’Opéra de Paris vient de
se doter d’un réseau Wi-Fi pour la gestion des équipements
de scène. Le projet comprend plusieurs tranches de travaux qui étendront
les fonctionnalités du réseau au fil des mois. Principal problème
: gérer la présence évolutive d’importantes masses
métalliques.
Au cœur de l’Opéra de Paris, la communication sans fil
fait son apparition dans les automatismes. Un réseau Wi-Fi assure à
présent l’interconnexion des équipements existants (rideau
d’avant-scène, tampons, monte orchestre) au serveur OPC Visu+.
Mais ce n’est pas tout, car le projet doit s’étendre en
août 2008 à la rénovation des plans lumières (soit
la synchronisation de 18 axes) et durant la saison 2008-2009 à la passerelle
vers le réseau de pilotage du cintre (120 axes).
« Un des points les plus délicats du Réseau Génie
Wi-Fi a été la prise en compte des structures métalliques,
qui ont influencé le choix d’emplacement des bornes Wi-Fi, explique
Pascal Detrez, en charge du projet à l’Opéra de Paris.
De plus, cette structure métallique est évolutive en fonction
de la modification des décors et de la cage de scène. Il a également
fallu prendre en compte la présence d’autres réseaux sans
fil utilisés pour la captation vidéo, le son, les micros HF
et la gestion des éclairages gradués.
Nous avons tout d’abord défini l’emplacement du point d’accès
maître. Ensuite, à l’aide d’un PC portable, utilisant
un logiciel spécifique, nous avons mesuré les puissances de
réception du point d’accès maître. Cette démarche
a permis de positionner au mieux les points d’accès esclaves.
Chaque point d’accès dispose d’une page web statistique
qui permet de mesurer les atténuations sur la transmission. On peut
ainsi plus facilement estimer le gain en fonction de la position des points.
Toutefois, l’installation évoluant dans de grandes proportions,
nous savons pertinemment qu’il faudra parfois déplacer le deuxième
point d’accès esclave situé au niveau du 3e dessous !
»
(Extrait d’une intervention lors de la
journée d’information et de débats du 11 décembre
2007)
METIERS
Prendre en compte les décalages de perception
Toutes les évolutions ne se font pas
au même rythme dans l’entreprise. Entre automaticiens, spécialistes
de la régulation et instrumentistes…
A propos de la façon dont ont évolué les services dans
les entreprises : « Il y a une quinzaine d’années,
certains professionnels étaient spécialistes de la régulation,
d’autres avaient en charge les instruments et enfin il y avait les automaticiens.
Les industriels ont fait converger certaines fonctions. Ainsi, des spécialistes
en régulation se sont vus confier des tâches d’automatisation
et les automaticiens des missions de régulation… Résultat
: on sait aujourd’hui qu’en Europe de l’Ouest, environ 50
% des boucles de régulation ne sont pas correctement réglées
!
Si on regarde l’évolution globale des métiers, les spécialistes
de l’automatisme et des systèmes numériques de contrôle-commande
ont été poussés vers Windows, embarqué par les
systèmes et logiciels de configuration. Et les instrumentistes ? De
leur côté, ils sont restés en décalage. Ce qui
explique aujourd’hui qu’un grand nombre d’entre eux, certes
fortement expérimentés, ne sont pas à l’aise devant
les systèmes actuels. Une des forces qu’il faut amener non pas
dans la technologie, mais dans son exploitation, consiste à concevoir
des interfaces réellement distinctes pour les besoins de la maintenance,
des opérateurs et du développement. Cela devrait apporter beaucoup
! » : Michel Muller, EDDL Association, Siemens.
(Extrait d’une intervention lors de la
journée d’information et de débats du 11 décembre
2007)
TRAITEMENT DES DONNEES
A propos de l’arrivée en force du contrôle de mouvement
L’interpénétration du contrôle
de mouvement avec les automatismes et l’instrumentation nécessitent
réflexion devant le volume de données à traiter…
Une remarque : « Un process se résume à trois grandes variables : l’instrumentation, le séquentiel et le contrôle de mouvement. Aujourd’hui, on voit le contrôle de mouvement arriver de plus en plus dans les automatismes. Les industriels ont alors énormément d’informations à traiter et les problèmes de mise en service et de maintenance sont conséquents. »
Une réponse : « La technologie FDT est appliquée à la fois dans les domaines du contrôle de process et de l’industrie manufacturière, dont le contrôle de mouvement, c’est-à-dire les variateurs, les pompes et les ventilateurs. L’interpénétration entre contrôle de process et contrôle des mouvements mécaniques est effectivement un point sur lequel les constructeurs se penchent actuellement, notamment dans le cadre de la maintenance prédictive » : Flavio Tolfo, FDT Group AISBL.
Une autre réponse : « Nous voyons d’un très
bon œil la technologie EDDL pour tous les appareils ayant besoin d’être
paramétrés. En revanche, en ce qui concerne le contrôle
de mouvement, ce n’est plus tout à fait qu’un paramétrage.
Pour cela, nous n’utilisons pas EDDL, mais des technologies propriétaires
» : Michel Muller, EDDL Association, Siemens.
(Extrait d’une intervention lors de la
journée d’information et de débats du 11 décembre
2007)
STANDARD DE COMMUNICATION
IO-Link : pour tirer le meilleur des capteurs et actionneurs
Il ne s’agit pas d’un nouveau bus
de terrain, mais d’une technologie permettant d’exploiter plus efficacement
les équipements de la couche basse en s’adaptant à l’architecture
existante…
« IO-Link est un nouveau standard de communication établi
pour les capteurs et les actionneurs. Il ne s’agit pas d’un nouveau
bus de terrain ! Les capteurs et actionneurs utilisés aujourd’hui
dans les systèmes automatisés sont capables d’une grande
intelligence, pourtant rarement exploitée », explique Antoine
Lavaux, Sick. C’est au sein du groupement Profibus, qu’a été
créé un groupe IO-Link comprenant aujourd’hui plus de 23
membres, dont 10 membres fondateurs.
L’objectif : permettre aux capteurs et actionneurs de pouvoir échanger
des données à valeur ajoutée avec la chaîne d’automatisme,
au-delà du fait de récupérer les données TOR et
analogiques. Le dialogue s’établi au travers des bus de terrain
existants, sans modifier les architectures en place.
Les atouts : régler à distance les changements de format sur une
machine, anticiper et remonter les dysfonctionnements de façon centralisée,
optimiser la mise en œuvre des appareils.
Au niveau le plus bas, les capteurs IO-Link sont connectés à une
interface IO-Link (interface décentralisée ou intégrée
à l’automate), elle-même reliée au bus de terrain.
Quel développement des capteurs compatibles ? « Aujourd’hui, le concept IO-Link est implémenté d’office sur les nouvelles générations de capteurs proposés par les membres du groupement. Les anciennes générations de capteurs ne seront pas capables d’assurer une communication IO-Link. Ainsi, tous les capteurs qui ont moins de 18 mois sont compatibles IO-Link. »
2 ou 3 fils ? « Siemens a voulu imposé une technologie 2 fils pour cette technologie IO-Link et souhaitait reprendre son concept Iqsens. Mais nous souhaitons conserver une compatibilité totale avec les installations existantes, c’est pourquoi la technologie 3 fils a été choisie. »
Quelle position d’IO-Link par rapport au monde de la sécurité machine ? « Aujourd’hui, la sécurité machine n’est pas au programme. La volonté est d’abord de proposer ce type de communication pour la partie capteurs et actionneurs afin de fiabiliser les machines. »
Quelle différence entre IO-Link et AS-i ? « Le réseau de capteurs actionneurs AS-i permet de remonter un nombre de données limité, centré sur des informations TOR. Cela a évolué avec la V3 d’AS-i, mais a priori cette version ne permet pas de remonter autant d’informations qu’IO-Link. Par exemple, sur un capteur optique, IO-Link pourra remonter un taux d’encrassement, un problème d’interférence avec des lumières parasites ou encore le fait qu’il est perturber par un autre capteur optique… afin d’optimiser le réglage de l’appareil. Ces informations restent toutefois inaccessibles sans la mise en œuvre d’IO-Link. »
Un concept Européen ? « Notre problématique est aujourd’hui de savoir si les fabricants d’une part nord-américain et d’autre part asiatique, vont rejoindre le groupement IO-Link… »
Etat des lieux ? : « IO-Link a été annoncé il
y a moins d’un an. En France, aucune application n’est en service
actuellement. En Allemagne, des applications sont en cours de test chez les
clients. Le déploiement n’est pas encore tout à fait d’actualité.
Nous sommes en phase de démarrage. Le groupement devrait s’organiser
pour présenter les bénéfices de cette technologie. »
A suivre…
(Extrait d’une intervention lors de la journée
d’information et de débats du 11 décembre 2007)
Glanez ici 4 idées ou points de vue à la minute ! Top chrono…
Projet FDI : premiers prototypes
fin 2008
Actuellement, 2 technologies d’intégration d’appareils de
terrain sont utilisées : EDDL et FDT. « L’idée de
base consiste à prendre le meilleur de ces 2 technologies pour en créer
une nouvelle, sous le nom de FDI, Field Device Integration, capable de fédérer
l’existant et d’avoir à l’avenir un seul standard à
mettre en oeuvre, d’où une réduction des coûts d’intégration.
A la base, la technologie OPC UA permet de fédérer les deux mondes
pour remonter vers les applicatifs de rangs supérieurs, explique Michel
Muller de l’EDDL Association. L’ECT, EDDL Cooperation Team, maintient
la propriété et le développement de ce futur modèle
d’intégration d’appareils de terrain. Le projet FDI est lancé
depuis maintenant plus de 18 mois et les équipes techniques ont débuté
les travaux en novembre 2007. »
L’ébauche des spécifications et la réalisation des
premiers prototypes auront lieu fin 2008.
L’ISTIA fête ses 20 ans et fédère
ses associations d’anciens élèves
En 1988, l’ISTIA (école d’ingénieurs de l’université
d’Angers en génie des systèmes industriels) lançait
sa première formation en fiabilité... Elle vient de fêter
ses 20 ans le 8 février dernier. A cette occasion, une association unique
des anciens élèves a vu le jour. Baptisée EXISTIA, elle
s’articule autour des 3 thèmes de l’école : innovation,
qualité et automatisation.
(www.istia.univ-angers.fr)
500 000 E/S pour l’usine de traitement
des eaux de Changi à Singapour
Répertoriée comme l’une des plus grandes installations Profibus
dans le monde, l’usine de traitement des eaux de Changi offre une capacité
de 2 400 000 m3/jour. La redondance y occupe une large place étant donné
le caractère critique et stratégique de l’usine. Les instruments
de terrain (500 débitmètres magnétiques, 400 débitmètres
massiques thermiques, 400 transmetteurs de pression…) issus de 15 constructeurs
différents sont interopérables. L’installation compte 200
km de réseaux Profibus-DP cuivre et 100 km de réseaux Profibus-DP
fibre optique…
REALITE VIRTUELLE
Du labo aux applications en entreprises
A Angers, le laboratoire de recherche Présence
& Innovation travaille depuis 3 ans sur le thème de la réalité
virtuelle...
Unité mixte de recherche rattaché à l’Université
d’Angers et aux Arts et Métiers ParisTech, le laboratoire Présence
& Innovation travaille depuis 3 ans sur 3 thèmes transdisciplinaires
:
- Conception de produits et innovation (Ingénierie de l’innovation,
ex CPNI) ;
- Ingénierie du virtuel (IV) ;
- Innovation, santé handicap (ELHIT).
L’ingénierie du virtuel et de l’innovation mise en œuvre
s’attache en particulier à la conception et l’intégration
de systèmes de réalité virtuelle innovants et à
l’optimisation des processus d'innovation dans les entreprises.
« L’une des spécificités importantes du laboratoire
P&I est le souci permanent de transférer très rapidement les
résultats de ses recherches vers les entreprises afin de favoriser leur
développement économique et l’intégration des nouvelles
technologies, explique Hervé Christofol, directeur adjoint du laboratoire.
C’est pourquoi une part non négligeable du budget du laboratoire
provient de contrats de recherche avec les entreprises. »
Et l’ingénierie du virtuel ? « L’équipe
de recherche étudie les problématiques de la conception et de
l’intégration des systèmes de réalité virtuelle.
Notre objectif est de susciter l’intégration des technologies de
la réalité virtuelle dans les processus de conception et d’innovation
des entreprises.
La CAO a bouleversé les habitudes de travail des bureaux d’études.
Nous pensons qu’il en sera de même avec les technologies de réalité
virtuelle ! Nous souhaitons pour cela accompagner les entreprises dans cette
direction. »
Le laboratoire oriente ses programmes de recherche dans plusieurs directions
dont :
- la création de nouvelles applications pour l’industrie ;
- les interfaces, les interactions avec l’homme, la compréhension
des spécificités d’interaction au niveau ergonomique ;
- les espaces collaboratifs pour lesquels la réalité virtuelle
peut enrichir les plates-formes d’échanges.
Contact : Hervé Christofol au 02 41 22 65 48 (h.christofol@pi-lab.net)
(www.pi-lab.net).
INGENIERIE DES SYSTEMES AUTOMATISES
LISA : un labo entre robotique, transitique et logistique
En liaison avec l’ISTIA et le monde des
entreprises, le Laboratoire d’Ingénierie des Systèmes Automatisés
s’intéresse à l’automatique des processus complexes…
Le LISA (Laboratoire d'Ingénierie des Systèmes Automatisés)
en tant que laboratoire support de l'ISTIA à Angers (école d’ingénieurs
de l’université d’Angers en génie des systèmes
industriels), travaille en relation avec de nombreuses entreprises sous convention
CIFRE (1). « Nous sommes ouverts aux projets industriels, à
condition que nous y introduisions une valeur ajoutée forte, souligne
Jean-Louis Ferrier, fondateur du laboratoire. Si un industriel peut mener
à bien son projet sans l’aide du laboratoire, ce n’est pas
à nous de le faire. »
Sous la direction de Jean-Louis Boimond, le LISA se compose de 2 équipes
: Modèles et systèmes dynamiques (MSD) et Signal-Image (SI). L’équipe
en charge des modèles et systèmes dynamiques oriente ses travaux
selon 3 thèmes directeurs :
- Systèmes à événements discrets et hybrides ;
- Réalité virtuelle et robotique ;
- Optimisation et systèmes de production et logistique (thématique
récemment accueillie au laboratoire). Depuis 2005, le laboratoire bénéficie
d’un hall de technologie mis à disposition par l’ISTIA comme
trait d’union entre chercheurs, élèves ingénieurs
et industriels.
Ce hall comprend :
- une plate-forme de réalité virtuelle (modélisation et
simulation en conception et industrialisation) ;
- une enceinte climatique (validation et qualification de produit) ;
- une chaîne de production robotisée (comprenant 2 robots Fanuc)
;
- un atelier de modélisation, simulation et pilotage de systèmes
de production (CFAO).
Parmi les activités du laboratoire, on peut citer la modélisation,
l’analyse et la commande des systèmes de production, des travaux
autour d’une plate-forme transitique, la réalisation d’un
atelier logiciel de simulation de ligne de production d'assemblage (conçu
pour une ligne de production de Motorola), ou encore l’analyse et la commande
optimale de systèmes dynamiques hybrides.
« Par ailleurs, une équipe travaille sur le thème de
la robotique mobile dans le but de réaliser un robot autonome en milieu
urbain, ajoute Jean-Louis Boimond. Ce projet, baptisé B2P2,
prend de l’ampleur ! »
Contact : Jean-Louis Boimond au 02 41 22 65 62 (jean-louis.boimond@univ-angers.fr)
(www.istia.univ-angers.fr/LISA)
(1) Les conventions CIFRE ont pour objet d'aider au recrutement, par des entreprises, de jeunes diplômés à Bac+5 dont le premier poste de recherche et de éveloppement aboutira à l'obtention d'une thèse de doctorat.
Le coin des curieux : faites des découvertes en quelques clicsAssociation
allemande NAMUR
Fondée en Allemagne en 1949, NAMUR est une association internationale
d’utilisateurs des techniques de l’industrie de l’automatisation.
Grande sœur germanique du club AUTOMATION ? Elle se compose notamment de
46 groupes de travail et participe aux travaux de normalisation. Certes, il
vaut mieux pratiquer l’allemand pour tirer le meilleur profit du site,
dont une partie est toutefois accessible en plusieurs langues, dont le français.
(www.namur.de)
Stratégie, pratiques et concepts
ARC Advisory Group propose depuis une vingtaine d’années, des services
d’accompagnement des industriels en terme de vision stratégique
et de pratique. Objectif : améliorer les performances opérationnelles,
réduire les coûts de possession, prévoir les retours sur
investissement. Pour cela, ARC réalise, à travers le monde, de
nombreuses études et analyses sur les technologies d’automatisme
: du capteur à la gestion d’entreprise. Le site est en anglais,
mais apporte une vision précise des études disponibles.
(www.arcweb.com)
Les archives de l’INRIA
Saviez-vous que l’INRIA (Institut national de recherche en informatique
et en automatique) dispose d’un site Internet doté de base de données
relativement ouvertes ? Par exemple, de 1980 à 2008, plus de 6 600 rapports
scientifiques sont téléchargeables (certes en anglais et débordants
d’équations). Et ce n’est qu’un exemple... A visiter
absolument !
(www.inria.fr)
La e-lettre n°6
De Beaumarchais aux cyber-pirates
L’avenir se construit de l’expérience
du passé. L’homo-Cyber est partout !
Au XVIIe, les importateurs de produits manufacturés, les artisans exportant
un savoir-faire et les “espions”, voulant acquérir un produit
ou un procédé pris sur le vif, étaient pendus. Il en était
de même des auteurs de pamphlets. C’était le début
des pirates et des corsaires...
... Aujourd’hui, avec le développement sans fin des nanotechnologies
et des TIC (technologies de l’information et de la communication), cyber-pirate
ou cyber-corsaire est devenu un véritable métier. Nous en avons
eu la brillante démonstration avec les intervenants de notre journée
d’information et de débats du 27 mars sur la cyber-sécurité.
La mondialisation du commerce, de la vraie ou fausse information et du savoir-faire
industriel, a entraîné la création d’un nouveau métier
: le cyber-informateur. Sa mission ? Nous mettre en garde contre les risques
de piratage de plus en plus facile sur les informations que nous embarquons
avec nous (clé USB, disque dur, PDA, équipements Wi-Fi, téléphone
3G…).
Notre association de cyber-membres doit agir pour informer sur l’existence
de ces cyber-pirates dans le monde industriel. Ainsi, l’année 2008
se poursuit avec plusieurs journées : “Renouvellement des générations
et transfert de connaissances”, “Les automatismes au service du
développement durable et les automatismes embarqués”. Toutes
nos journées sont maintenant impliquées sur la prise de conscience
de la cyber-sécurité.
Concluons par une réflexion de Pierre Auguste Caron de Beaumarchais,
homme du XVIIIe siècle connu pour ses pamphlets : « Sans
la liberté de blâmer, il n’est pas d’éloge flatteur
». Beaumarchais aurait-il été cyber-pirate avec
nos technologies d’aujourd’hui ?
PS : Le pirate est un hors la loi, travailleur indépendant vendant
ce qu’il a volé. Le corsaire a un mandataire pour lequel il effectue
des acquisitions malhonnêtes. Ces définitions restent inchangées
depuis des siècles !
DANS LE CYBER MONDE…
Adresses IP : bientôt la pénurie ?
Internet Protocole v4 passera bientôt le relais à IPv6. En bonne
“position académique”, la France ne doit pourtant pas prendre
de retard dans la pratique de cette migration. Car au-delà de la simple
nécessité numérique d’IPv6, tout retard risque alors
de freiner l’innovation et le développement de nouveaux objets
et services via Internet !
L’Internet Protocole version 4 (IPv4) actuellement utilisé est codé sur 32 bits, ce qui donne accès à un peu moins de 4,3 milliards d’adresses possibles. Les experts et l’ensemble des observateurs s’accordent à dire que ce quota sera atteint fin 2010, c’est-à-dire après demain ! Effectivement, les objets Internet se multiplient de jour en jour, notamment sur le thème de la mobilité. Malgré l’emploi de techniques de translation d’adresses NAT (Network adress translation), IPv4 est donc condamner à céder sa place… La solution se nomme IPv6, connue depuis les années 90, mais seulement en cours de déploiement. Le principal atout d’IPv6 est d’être codé sur 128 bits. « Mais ce n’est pas tout, souligne Thierry Ersnt, chercheur à l’INRIA et président du comité de pilotage de l’IPv6 Task Force France. IPv6 permet une meilleure intégration de services supplémentaires et permet de supporter des sous-réseaux mobiles tels que NEMO [ndlr : Network Mobility], sans parler de la simplification des développements. »
Comment passer d’IPv4 à IPv6 ? « Les systèmes d’exploitation MAC OS, Linux 2.6 et Windows Vista supportent aujourd’hui IPv6. Mais cette translation impose des changements au niveau des équipements de réseau, des routeurs et aussi des applications déployées. » Editeurs de logiciels, équipementiers et fournisseurs d’accès doivent tous mettre à niveau leurs offres. Mais sauf exception, chacun tend à attendre que l’autre fasse le premier pas… « Pour briser cet attentisme, il faudrait que les instances officielles donnent des indications afin d’induire un passage incrémental vers IPv6 ! »
« Il est important de réfléchir dès à présent à l’impact d’IPv6 dans sa propre entreprise afin de préparer les infrastructures au changement. Le déploiement d'IPv6 représente un enjeu majeur pour la France et l'Europe toute entière, et cela à 3 niveaux. Du point de vue technique, pour faire évoluer les architectures et prendre en compte des millions de nouveaux objets communicants. Du point de vue économique, il s’agit d’un facteur de développement considérable dans l'industrie et les services. Et du point de vue sociétal, car l’innovation aura une influence sur notre vie quotidienne », conclut Thierry Ernst.
SYSTEMES INSTRUMENTES DE SECURITE
Quali-SIL : un référentiel de compétence pour les
professionnels
Les intervenants autour des systèmes instrumentés de sécurité
peuvent à présent se former à la norme NF EN 61511, selon
un référentiel commun et suivant les différentes étapes
de cycle de vie.
L’INERIS, avec l’aide de partenaires industriels (LyondellBasell,
DCNS, ISO-Ingénierie, IRA, Général Electric), lance actuellement
Quali-SIL, un référentiel de compétence pour les personnes
intervenant sur les systèmes instrumentés de sécurité
(SIS), en lien avec la norme NF EN 61511. « Nous souhaitons ainsi
proposer des formation, dans le cadre d’une démarche volontaire
des industriels, débouchant sur un examen et sur un certificat d’aptitude
de leurs personnels, explique Ahmed Adjadj, ingénieur d’études
et recherche en sûreté de fonctionnement. Un de nos objectifs
est de s’assurer que tous les acteurs, de l’offreur d’équipement
à l’opérateur de maintenance, utilisent un langage commun
et connaissent leurs responsabilités pour leurs actions sur les systèmes
de sécurité. »
Ces formations dédiées à la norme NF EN 61511 (Sécurité
fonctionnelle – Systèmes instrumentés de sécurité
pour le domaine de la production par processus), viendront en complément
de celles déjà proposées sur le marché par le TÜV
concernant la norme “produits” NF EN 61508.
Le référentiel Quali-SIL propose 6 formations adaptées
à des métiers distincts : analyse de risque des systèmes
instrumentés de sécurité (SIS), concepteur SIS, installateur/maintenance
SIS, opérateurs process SIS, managers, sans oublier une formation à
caractère général, dont une première session test
se déroulera au sein de l’INERIS Formation, du 24 au 27 juin. Le
démarrage officiel des formations aura lieu à la rentrée
2008.
SECURITE DES SYSTEMES D’INFORMATION
Le point de vue de la DST
Une société du tout numérique
débouche sur un risque digital ! Bluetooth et Wi-Fi sont des exemples
de vulnérabilité parmi d’autres. Sans pour autant tomber
dans la paranoïa, la loi de Gilb précise : « Tout système
dont la fiabilité dépend d'un être humain n'est pas fiable
».
Bluetooth utilise une technologie radio courte distance destinée à
simplifier les connexions entre les appareils électroniques. Plus de
500 millions d'objets numériques dans le monde sont équipés
de cette technologie. « De quoi accroître la menace des virus
mobiles, explique la DST. De nombreux logiciels de piratage permettent
de télécharger par exemple le carnet d'adresses de votre portable
ainsi que votre galerie photos, dans un rayon de 50 mètres autour de
vous ! Pensez à désactiver la fonction Bluetooth. »
Dans un monde sans fil, la technologie Wi-Fi présente plusieurs risques
: l'interception des données, l'utilisation des ressources de l'entreprise,
le brouillage ou encore les points d'accès illégitimes. «
A ce jour, une antenne pirate peut se connecter sur un point d’accès
à plusieurs kilomètres ! Par ailleurs, nous recommandons de
toujours se connecter en mode VPN (infos cryptées) aux points d'accès
Wi-Fi publics. »
Selon la loi de Gilb, “ Tout système dont la fiabilité
dépend d'un être humain n'est pas fiable". « A
cause des risques auxquels sont exposées les entreprises (virus, faute
d'un employé, hacking, cyber terrorisme, espionnage industriel, vol
d'inventions ou de brevets), la perte de crédibilité ou de savoir-faire
sont réels ! »
« Les attaques pirates sont de plus en plus dictées par des
objectifs lucratifs et de moins en moins pour des raisons ludiques. C'est
pourquoi nous entendons moins parler d'attaques massives de virus. Les attaques
d'aujourd'hui visent directement le cœur économique des entreprises.
»
Et l’utilisateur dans tout cela ? « Il sera toujours le maillon
faible. Cela ne l’empêche pas d’utiliser quelques parades
comme envoyer des documents en .pdf et non en .doc, .xls, ou .ppt ; verrouiller
son ordinateur lorsqu’il quitte le poste de travail (ctrl + alt + suppr),
afin que login et mot de passe soient demandés à son retour
; éviter de choisir les prénoms des proches pour mot de passe,
mixer chiffres / lettres / caractères. Enfin, évitez de coller
un post-it avec votre mot de passe sur l’ordinateur ! »
Et la DST de conclure, selon la règle de Finagle : "Faites toujours
des sauvegardes. C'est la preuve que vous travaillez ! "
(Extrait d’une intervention lors de la journée d’information et de débats du 27 mars 2008)
CYBER-SECURITE
Comment se protéger ?
En traitant le problème à la racine,
dès les premiers pas du projet, et en s’appuyant sur la norme SP99.
Seule “bible” du domaine actuellement pertinente.
Il est clair qu'il n’existe pas de réponse unique en raison de la variété des contextes (systèmes nouveaux ou amélioration de systèmes existant, diversité des technologies, contraintes opérationnelles…). « Au final, le choix des solutions résultera d’un compromis entre le coût de développement et les contraintes d'utilisation, d'une part, et celui des conséquences des risques résiduels d'autre part, explique Jean-François Pacault du Service du Haut Fonctionnaire de Défense et de Sécurité au Ministère de l'industrie. Ceci étant, la définition d’une politique de protection propre à l’informatique industrielle doit s’inscrire dans le cadre plus général de la politique de protection du patrimoine de l’entreprise. Elle exige une analyse méthodique des risques pesant sur l’ensemble des activités de production industrielle, une prise de conscience de tous les responsables de l'entreprise au plus haut niveau, la sensibilisation de tous les échelons et la diffusion d'instructions aussi opérationnelles que possible. »
Il est généralement admis que la démarche de sécurisation
comprend les étapes suivantes :
• Analyser et comprendre les enjeux ;
• Identifier les éléments sensibles et les systèmes
qui justifient une protection (confidentialité de données, disponibilité
de processus, intégrité de paramètres techniques…)
;
• Analyser les risques (identifier les menaces et évaluer les vulnérabilités)
;
• Mettre en évidence les contraintes ;
• Déterminer une architecture dont le niveau de sécurité
réponde aux risques identifiés ;
• Déterminer l’ensemble des mesures d’accompagnement
sous les aspects sécurité physique
(protection des locaux, contrôle du personnel, procédures…)
;
• Faire le bilan des risques résiduels.
« Parallèlement à cela, il sera nécessaire de
développer des procédures d’alerte et d’intervention
en cas d’incidents ou d’anomalie, tout comme de former et entraîner
le personnel. Il faut par ailleurs analyser les risques induits par la sous-traitance,
les partenariats, la clientèle et les fournisseurs. Plus largement, il
convient d’introduire dès le début, pour tout projet d’informatique
industrielle, la prise en compte du volet protection contre les risques de malveillance,
et définir clairement les rôles et responsabilités de chacun,
en particulier pour la validation des moyens de protection.
Ces principes généraux sont ceux de la norme SP-99 et des documents
qui l'accompagnent (1). Ce sont les seuls textes disponibles actuellement qui
abordent de façon méthodique la sécurité de l'informatique
industrielle. Ils constituent un bon point de départ pour prendre en
compte la problématique de la sécurisation des systèmes
d’information à vocation industrielle. »
(1) ISATR99.00.01, « Technologies de sécurité pour le contrôle de processus » et ISA-TR99.00.02, « Intégration de la sécurité électronique dans les systèmes de contrôle de processus »), publiés par l'association ISA.
(Extrait d’une intervention lors de la journée d’information et de débats du 27 mars 2008)
>>> L’ISA accorde aux membres du club AUTOMATION un tarif spécial sur son CD-ROM SP99 (en français !).
CYBER-SECURITE
Faites votre propre analyse en quelques frayeurs
!
L’informatique industrielle n’est
pas à l’abri des désagréments connus dans l’informatique
de gestion. Pourtant, les professionnels de l’industrie ne sont peut-être
pas autant préparés à cela que leurs homologues côté
gestion.
Jean-François Pacault, Service du Haut Fonctionnaire de Défense et de Sécurité au Ministère de l'industrie, est venu présenter au club AUTOMATION, le point de vue du MINEFI quant à la sécurité de l’informatique industrielle. Voici un premier test pour mieux connaître la sécurité de son informatique industrielle :
1) Les attaques courantes sur la bureautique sont impossibles sur l'informatique industrielle (virus, exploitation de vulnérabilités, malveillances internes...) : Vrai ou Faux ?
Faux : l'une et l'autre utilisent les mêmes produits (Windows, Unix...) et les mêmes protocoles (IP en général). Elles présentent donc le même genre de vulnérabilités et les mêmes malveillances qui auront les mêmes effets informatiques (mais pas les mêmes conséquences sur l'entreprise). C'est ainsi qu'en janvier 2003, le ver Slammer s'est introduit dans les ordinateurs de commande de la centrale nucléaire américaine Davis Besse par une connexion non sécurisée avec le réseau bureautique. Conséquence : un système de contrôle de la sûreté de la centrale est resté indisponible pendant près de 5 heures !
2) Savez-vous si vos réseaux d'informatique industrielle sont bien protégés du reste de l'entreprise et du monde extérieur ? Etes-vous certain que les connexions vers l'extérieur de votre système de contrôle de processus, et notamment les accès Wi-Fi, sont correctement recensées et sécurisées ?
En 2006, sur une durée d'un an environ, des pirates ont espionné
les connexions Wi-Fi des caisses de la chaîne de supermarchés
américains TJX qui n'étaient pas sécurisées. Ils
ont ainsi récupéré des millions de numéros de
cartes bancaires qu'ils ont utilisés au détriment des clients
de TJX. Il n'est pas rare de découvrir par hasard des bornes Wi-Fi
et des modems reliés au réseau téléphonique public
dont les administrateurs système ignorent l'existence.
Dans la centrale nucléaire Davis Besse, le ver Slammer s'est introduit
par une connexion non sécurisée alors que les équipes
croyaient être protégées par un pare-feu.
3) Etes-vous certains que les ordinateurs portables et PDA qui se connectent occasionnellement au système de contrôle de processus, ou les clés USB qui y sont parfois introduites, ne peuvent pas y introduire de code malveillant, au moins sans détection immédiate ?
Cette cause d'infection est de plus en plus fréquente sur les réseaux
bureautiques : pourquoi pas sur l'informatique industrielle ?
Etes-vous certains que les connexions temporaires du système de contrôle
de processus (pour des mises au point diverses, pour des mises à jour,
pour la télémaintenance…) vers l'extérieur sont
surveillées quand elles sont établies et sont désactivées
quand elles ne sont plus nécessaires ?
Savez-vous si tous les équipements actifs qui supportent le système
de contrôle de process sont équipés d'un antivirus et
s'il est tenu à jour quotidiennement ? Le cycle de parution des virus
n'est pas régulier, plusieurs mises à jour des signatures peuvent
intervenir dans la même semaine.
Vos procédures de mise à jour et de configuration de votre système
de contrôle de processus permettent-elles de retracer l'origine des
éventuels incidents ultérieurs ?
Etes-vous certains que seules des personnes autorisées se connectent
aux systèmes industriels de votre entreprise ?
Savez-vous ce que deviennent les disques durs de vos systèmes lorsqu'ils
sont mis au rebut ?
4) Pensez-vous qu'en cas de dysfonctionnement de votre informatique industrielle, qu'il soit accidentel ou dû à une malveillance, vos équipes sauraient réagir promptement et efficacement pour en limiter les conséquences néfastes ?
5) Mon système n'intéresse pas les pirates qui prolifèrent
sur internet. Vrai ou Faux ?
Faux : ces pirates sont en permanence à l'affût des systèmes
vulnérables et les détectent. Ils les attaquent dès qu'ils
en ont la possibilité.
6) Mes concurrents n'auraient pas les compétences nécessaires
pour attaquer mon système, et d'ailleurs ils n'oseraient pas recourir
à de telles pratiques. Vrai ou Faux ?
Faux : car il serait imprudent de l'affirmer. D'une part, il est
facile de louer les services de pirates compétents, notamment à
l'étranger. D'autre part, comme les attaques informatiques restent
souvent anonymes, ce n'est pas la crainte d'être découvert qui
dissuade beaucoup les malveillances. Enfin, puisqu'on voit régulièrement,
en informatique générale, des exemples d'attaques informatiques
de la part de concurrents peu scrupuleux, il n'y a pas de raison qu'il ne
s'en produise qui visent l'informatique industrielle. Cela est d’autant
plus vrai si ces installations sont, pour l'attaquant, moins difficiles à
perpétrer et plus rentables.
(Extrait d’une intervention lors de la
journée d’information et de débats du 27 mars 2008)
CYBER-SECURITE
ISA99 : une méthode efficace pour “blinder” son
informatique industrielle
A présent, la cyber-sécurité
constitue une composante importante de la sécurité fonctionnelle.
Le standard ISP SP99 donne les outils nécessaires à la mise
en œuvre d’un plan d’action et de suivi : une véritable
stratégie de défense contre la piraterie numérique !
« Les travaux de normalisation du comité ISA SP99 visent l’implémentation d'une politique optimale de protection des systèmes de contrôle contre les cyber-attaques, en bénéficiant de l’effort de recherche des Etats-Unis et des travaux de normalisation sectorielle (Scada, Chimie…) », lance Jean-Pierre Dalzon, de l’ISA France.
Publiée fin 2007, la première partie du standard ISA99 (Concepts, Terminology and Models), décrit le contenu du standard. « Elle définit la terminologie, propose une double modélisation (physique et fonctionnelle) des systèmes de contrôle vis-à-vis de la sécurité, et introduit un concept de découpage des systèmes de contrôle en “zones de sécurité”, avec identification des “conduits” d’information à protéger entre ces différentes zones », précise Jean-Pierre Dalzon.
La seconde partie (ISA99 Part. 2) comprend les champs d'application du standard,
les références normatives utilisées, les termes et abréviations,
en complément de la Partie 1. « Cette seconde partie comprend
aussi les éléments constitutifs d'un système de gestion
de la cyber-sécurité pour l'automatisation industrielle et les
systèmes de contrôle. C’est là que se trouvent les
prescriptions pour la mise en place d’un programme de sécurité
(analyse de risque et vulnérabilité, cycle de vie de la sécurité,
contremesures et défense en profondeur, traitement des incidents, processus
d’amélioration permanent). Cette section est normative. »
Dans les annexes, se trouvent les indications sur la façon d'élaborer
les éléments d’un système de gestion de la cyber-sécurité
pour les systèmes de contrôle et d’automatisme industriels,
tout comme la description d'une organisation pouvant être utilisée
pour élaborer le système de gestion de la cyber-sécurité.
Par où doit-on commencer pour bâtir un programme de “cyber-sécurité”
? « Cette tâche reste délicate et il n’existe
pas de recette unique en raison de la variété des contextes
(système nouveau ou amélioration de systèmes existants,
niveau de maturité et de diversité des technologies…et
des intervenants). La réponse ne peut être que relative et s’intégrer
dans la politique générale de l’entreprise. Car la sécurité
parfaite est un idéal ! Une solution de compromis est à rechercher
en considérant le coût du développement face au coût
des
conséquences des risques potentiels. »
Peut-on définir le niveau de maturité d’un programme de cyber-sécurité ? « Il est souhaitable de le faire ! Il correspondra à l’évaluation du niveau technologique atteint et à l’efficacité obtenue à l’issue des différentes étapes de mise en place de ce programme. »
(Extrait d’une intervention lors de la journée d’information et de débats du 27 mars 2008)
>>> L’ISA accorde aux membres du club AUTOMATION un tarif spécial sur son CD-ROM SP99 (en français !).
RETOUR DE VISITE
Industrie pharmaceutique : Oril a impressionné !
Une douzaine de membres du club AUTOMATION ont
participé à la visite du site Oril Industrie à Bolbec.
Un site d’exception qui a impressionné !
Le 18 mars dernier, l’ensemble des participants à la visite de l’usine pharmaceutique Oril Industrie de Bolbec (ayant répondu à notre questionnaire) ont exprimé une totale satisfaction quant à la visite même en production. La présentation a été jugée “très bien” et “bien”. Les débats ont toutefois frustré quelques participants ayant manqué de temps pour échanger avec les automaticiens du site (mais le temps était compté !).
Notre hôte, Dominique Chapuisit, responsable du service Electricité,
instrumentation et automatisme travaille depuis plus de 10 ans avec un environnement
de conduite très détaillé : « Les membres du
club AUTOMATION ont été surpris de constater à quel point
toutes les informations étaient reprises sur le superviseur. Effectivement,
les phases batch et toutes les phases grafcet sont en visualisation dynamique,
avec un chiffrage lui aussi dynamique. Ce mode de conduite présente
pour nous un large intérêt en phase de production et de maintenance.
»
Sur ces 2 sites de production locaux, Oril totalise plus de 150 API et plus
de 100 superviseurs. Dominique Chapuisit dirige une équipe de 14 personnes
dédiées aux travaux neufs et à l’assistance à
la maintenance des automatismes.
Pierre Leroy, président de Leroy Automatisme Industriel, venu faire
de la veille technologique en terme de collecte d’information et de
traçabilité, a trouvé que l’organisation et le
savoir-faire d’Oril étaient remarquables. Toutefois, pour la
PME spécialisée dans le monde du ferroviaire, il semble a priori
difficile d’entrer dans ce type d’industrie : « Pour
passer outre l’homogénéité des solutions mises
en place, il faut vraiment proposer une offre qui se démarque ! ».
Glanez ici 4 idées ou points de vue à la minute ! Top chrono…
Le père du premier robot
L'origine du terme robot vient d’une pièce de théâtre
tchèque de Carel Kapek jouée pour la première fois en 1920
: “R.U.R.” (Rossum's Universal Robots) où les machines (les
robots) réalisaient le travail à la place des hommes. Dans la
pièce, ces premiers robots deviennent petit à petit plus intelligents…
A lire aussi : « Les créatures artificielles : des automates aux
mondes virtuels », paru en 2008, de Jean-Claude Heudin, directeur du laboratoire
de recherche de l’Institut international du multimédia-Association
Léonard de Vinci.
Record battu !
Depuis que le club AUTOMATION réalise des enquêtes auprès
des participants aux journées, nous n’avions pas encore atteint
un tel niveau de satisfaction : 95 % des auditeurs ont jugé “très
bien” l’intervention de la DST à l’occasion de la journée
sur la cyber-sécurité (27 mars 2008). Voir les extraits d’intervention
ci-dessus et en rubrique « Parole aux adhérents ». A cette
journée, 45 participants étaient présents.
Piratage à “la clé USB”
« Brancher une clé USB sur un ordinateur n'est pas un geste
anodin, met en garde la DST. Un scanner installé sur l'ordinateur sur
lequel vous téléchargez le contenu de votre clé USB peut
aspirer tout le contenu de celle-ci et, inversement, une clé étrangère
qui serait connectée sur votre ordinateur peut aspirer de nombreuses
informations : logins et mots de passe, documents, historique des pages visitées
sur Internet… ».
« De plus, il faut savoir que les données effacées d'une
clé formatée, peuvent toujours être récupérées
! Préférez utiliser une clé dédiée pour vos
présentations et évitez les clés "étrangères".
Enfin, ne prêtez pas votre clé, même formatée, à
autrui. » A partir d’aujourd’hui, vous ne regarderez
plus votre clé USB du même œil !
(Extrait d’une intervention lors de la journée
d’information et de débats du 27 mars 2008)
Cyber-sécurité et qualité
: même combat ?
« La cyber-sécurité, comme la qualité, se construit
pas à pas, au prix d’analyses, d’expériences, de retours
d’expériences et d’essais de quantification des mesures prises.
Elle est l’un des défis des sociétés modernes. Une
protection efficace contre les cyber-attaques doit constituer au même
titre que le respect des normes environnementales, un élément
significatif de la valorisation patrimoniale de toute entreprise industrielle
ou commerciale » : Jean-Pierre Dalzon, ISA-France.
(Extrait d’une intervention lors de la journée
d’information et de débats du 27 mars 2008)
Cyber-sécurité : typologie des
incidents
Evolution de l’origine des incidents sur les systèmes de contrôle
de procédé (source : Eric Byres, BCIT) :
Période 1982-2001 : 58 % accidentels, 27 % externes, 15 % internes.
Avant 2001 : les systèmes industriels sont isolés et spécifiques.
Les incidents sont essentiellement accidentels.
Période 2002-2005 : 32 % accidentels, 61 % externes, 7 % internes.
A partir de 2002, les attaques d’origine externe deviennent prépondérantes...
(Extrait d’une intervention lors de la journée d’information
et de débats du 27 mars 2008)
SYSTEME CONTROLE PAR LE PRODUIT
Projet SCP : la CRAN prolonge le chantier jusqu’en 2012
Intelligence embarquée, RFID, Wi-Fi…
influencent la façon de piloter un système. Déjà
impliqué depuis 4 ans au sein du projet, le CRAN de Nancy reconduit le
thème pour les 4 prochaines années.
Un projet transversal dans lequel sont impliqués plusieurs laboratoires
universitaires français (1), aborde le concept de produits actifs dans
les systèmes. Initié sur la période 2005-2008 dans le cadre
du CRAN, ce projet est prolongé de 2009 à 2012 et se décline
en plusieurs chapitres : “Systèmes produits” et “Systèmes
inter-opérants”.
Le projet SCP (système contrôlé par le produit) initial
est le fruit d’une initiative nationale pilotée par un groupement
de recherche du CNRS. Un produit n’est plus un simple matériau
circulant dans un atelier, mais un objet de production capable de réaliser
des échanges et des interactions intelligentes avec des systèmes
de décision et de pilotage de production. Ces fonctions de communication
et d’interactions avec le produit sont rendues disponibles par les technologies
d’identification automatique RFID et les réseaux de capteurs sans
fils annonçant une forme d’intelligence technique permettant d’aller
au delà du transfert de données vers le partage et l’échange
d’information, la connaissance contextuelle et les services.
Au cœur de la problématique : la décentralisation de l’intelligence
et son impact sur la façon de piloter un système. «
Cela concerne différentes technologies, de la puce RFID jusqu’à
l’intelligence embarquée, explique Eddy Bajic, animateur du
projet au niveau national et professeur à l’université de
Nancy. Le projet traite aussi bien de l’instrumentation des produits
que de la gestion des risques. » Il convient de prendre en charge
la sécurité propre des produits actifs, tout comme la compatibilité
avec l’environnement et les opérateurs. « Par exemple,
il s’agit de fûts instrumentés pour le stockage de produits
chimiques, sur lesquels des capteurs rendent compte de la température,
de la luminosité, des mouvements… De quoi contrôler que le
produit est correctement manipulé ou stocker. »
Le programme de recherche 2009-2012 du CRAN comprend :
- Le projet SP (Système Produit) – Ce projet porte sur le concept
de “matériau/produit informant et communicant” ou matériau/produit
actif dans son environnement. Il s’appuie sur l’hypothèse
que la matière ou le produit porte de l’information. Le produit
pourra communiquer, tout au long de son cycle de vie, avec des éléments
de son environnement et pourra potentiellement supporter des décisions
et réaliser ou faire réaliser un certain nombre d’activités
sur lui-même ou son environnement. Ceci pose donc des problèmes
scientifiques de modélisation afin que le produit puisse être conçu
puis instrumenté pour être doté de capacités intrinsèques
d’action et de communication. Le point de départ de ce champ de
recherche consiste en l’élaboration d’un modèle générique
du “système produit actif”. Ce point de départ permettra
de décliner différentes recherches “orientées”
modèles de connaissances du produit, modèles de processus, modèles
de contrôle des flux…
- Le projet SIO (Systèmes Inter-Opérants) – Il s’agit,
non plus de se focaliser sur les mécanismes élémentaires,
mais d’analyser la complexité d’un système constitué
de mécanismes élémentaires “en réseau”
et de s’intéresser aux phénomènes émergents
et à leur logique, dus à cette même mise en réseau.
Contacts : Didier Wolf, directeur adjoint du CRAN au 03 83 59 56 70, Eddy Bajic, animateur du projet SCP au 03 83 68 44 22.
(1) Parmi les laboratoires impliqués : IRCCYN (Nantes), LIS (Marseille),
LAMIH (Valenciennes), LIMOS (Clermont-Ferrand).
SURETE ET SECURITE DES GRANDS SYSTEMES
Le GIS 3SGS souffle sa première bougie et organise un workshop
Objectif scientifique du GIS (Groupement d’intérêt
scientifique) : développer des méthodes pour la conception et
l'exploitation de grands systèmes sûrs et sécurisés.
Premières rencontres les 4 et 5 juin 2008 à Troyes.
Créé en avril 2007 (pour une durée de 4 ans), le groupement
d’intérêt scientifique 3GSG a pour objectif de fédérer
les recherches dans le domaine de la surveillance, de la sûreté
et de la sécurité des grands systèmes. Le groupement rassemble
des partenaires académiques (dont le CRAN de Nancy, l’université
de Lille et l’université technologique de Troyes) et industriels
(dont EDF en tant que membre fondateur).
L'objectif général du GIS 3SGS ? Renforcer et développer
une communauté multidisciplinaire dans le domaine de la surveillance,
de la sûreté et de la sécurité des grands systèmes,
afin de lui donner une visibilité aussi bien nationale qu'internationale.
Pour ce faire, le GIS 3SGS fédérera des développements
scientifiques multidisciplinaires en une approche méthodologique pouvant
s'appliquer à des domaines différents (énergie, transports,
réseaux…). La thématique "Surveillance, sûreté
et sécurité des grands systèmes" est relative à
toutes grandes installations, infrastructures ou organisation, qu'elles soient
publiques ou privées. « Il apparaît cependant que les
structures de recherche publiques ou privées abordent actuellement cette
thématique sous des angles différents et de façon dispersée.
Cette dispersion s'explique entre autres par la nature fortement multidisciplinaire
du domaine. Le rassemblement de ces structures et des industriels concernés
est à coup sûr la meilleure réponse que l'on puisse envisager
afin que la France joue un rôle de premier plan dans le développement
mondial de cette thématique importante en pleine émergence. »,
explique-t-on au sein du groupement.
Le GIS devrait s’employer à structurer et élargir autant
que de besoin une communauté multidisciplinaire en émergence avec
pour objectif scientifique à long terme : développer des méthodes
pour la conception et l'exploitation de grands systèmes sûrs et
sécurisés. Le tout dans le cadre d’interactions entre le
public et le privé.
Un premier rendez-vous, sous la forme d’un workshop sera organisé
à Troyes les 4 et 5 juin 2008 (www-3sgs08.utt.fr). Ce workshop doit notamment
permettre de mieux cerner les problèmes clés identifiés
dans les grands secteurs de l'industrie (énergie, transports, réseaux...)
concernant les domaines de la surveillance, sûreté et sécurité.
L'autre objectif de cette manifestation est de mettre en regard les recherches
en cours et les problèmes scientifiquement durs et dont la résolution
serait importante d’un point de vue scientifique et économique.
En associant ces deux aspects, ce premier workshop doit aider à faire
émerger de nouveaux groupes de travails et de nouveaux consortiums pertinents.
Le groupement reste prêt à s’élargir à d’autres
partenaires.
Contact : Philippe Cornu (UTT, Université Technologique de Troyes),
directeur du GIS, au 03 25 75 96 62.
Le coin des curieux : faites des découvertes en quelques clics
> Institut pour une culture
de sécurité industrielle
Organisé sous la forme d’une association, cet institut a pour objet
de contribuer à faire progresser en France et en Europe, dans les domaines
fondamentaux de la sécurité, de la sûreté, la culture
de tous les acteurs : entreprises, riverains des sites, organismes socio-professionnels,
collectivités territoriales, administrations... Selon l’ICSI, l'analyse
des causes des accidents et incidents graves, dans des installations de plus
en plus complexes, démontre que, pour une part minoritaire, elles sont
d'origine technique (conception, équipements) et pour une forte majorité
d'origine organisationnelle ou comportementale, facteurs communs à toutes
les entreprises quelle que soit leur branche d'activité.
(www.icsi-eu.org)
> Marchés : des chiffres et encore des
chiffres
Le Sessi (Service des études et des statistiques industrielles) est toujours
une mine d’or lorsque l’on cherche des chiffres sur les marchés.
Une étude de septembre 2007 concerne l’industrie automobile. En
mai 2007, la parachimie était à l’honneur. Etudes également
disponibles : sous-traitance industrielle, carrosserie industrielle, l’industrie
française de l’emballage… Il suffit de se servir !
(www.industrie.gouv.fr/sessi/)
La e-lettre n°7
La tolérance !
Notre XXIème siècle « s’enfonce
doucement » dans la tourmente bancaire. Comment peut-on construire éternellement
une société sur le profit spéculatif en éloignant
de plus en plus la production industrielle ?
Il est évident que le désordre qui s’installe à
une incidence sur la vie des associations comme la nôtre. Notre club étant
constitué de membre du contrôle industriel, qu’il soit producteur,
offreur ou chercheur.
Nos membres sont de plus en plus sollicités par un management de moins
en moins tolérant sur l’intérêt de s’investir
dans des journées débats et visites techniques pour pouvoir échanger
et acquérir du savoir-faire.
Malgré ce schisme, nous restons optimistes, la preuve en est sur notre
enquête par courriel réalisée sur 210 de nos membres sur
le choix des thématiques de nos journées pour 2009.
Avec 69 réponses et surtout beaucoup de commentaires comme «
Tout d’abord merci de cette initiative », « Merci de cette
consultation », « Bravo de faire participer les membres au choix…
». Pour nous, ces commentaires sont bien la preuve que nous pouvons
contribuer à plus de tolérance dans ce monde, ou tout le monde
court, sans d’ailleurs savoir pourquoi.
Laissons à Voltaire une conclusion sur la tolérance « Nous
devons nous tolérer mutuellement, parce que nous sommes faibles, inconséquents,
sujets à la mutabilité et à l’erreur. »
RIEN DE NEUF
La communication sans fil aurait… 128 ans ?
Une communication optique sans fil utilisant l’énergie
lumineuse du soleil a été testée pour la première
fois dans les années 1880. Son inventeur n’est autre qu’Alexander
Graham Bell.
On doit la première tentative de communication optique à Alexander Graham Bell, plus connu pour l'invention du téléphone. En effet, il mit au point, au cours des années 1880, le photophone. Cet appareil permettait de transmettre la lumière sur une distance de 200 mètres. La voix, amplifiée par un microphone, faisait vibrer un miroir qui réfléchissait la lumière du soleil. Quelques 200 mètres plus loin, un second miroir captait cette lumière pour activer un cristal de sélénium et reproduire le son voulu. Le récepteur de cet appareil était presque identique à celui du premier téléphone. Bien qu'opérationnelle en terrain découvert et par beau temps, cette méthode s'avéra peu utilisée. La pluie, la neige et les obstacles qui empêchaient la transmission du signal condamnèrent cette invention, bien qu’Alexander Graham Bell considérait lui-même que le photophone était sa plus grande invention, puisqu'elle permettait une communication sans fil !
TRANSFERT DE CONNAISSANCES
La pérennité des équipements dépend de
la pérennité du savoir
En partenariat avec Ontologos et la société
française de terminologie, EDF se réapproprie, formalise et
transmet les connaissances de conception de ses installations de production
d’électricité. En effet, il ne suffit pas de s’assurer
de la pérennité des installations, il faut aussi veiller au
maintien des connaissances et pour cela éviter les dérives terminologiques
!
L’ensemble du relayage peut encore durer 10 ans, voire plus. Mais la
connaissance liée à ces matériels doit également
perdurer ! Par ailleurs, la moitié des personnels d’EDF partiront
à la retraite dans les 10 prochaines années. Il ne s’agit
donc pas de transmettre à leurs remplaçants un état des
lieux terminologique complexe qui a évolué au fil des années…
« Nous travaillons à la réappropriation et à la
formalisation des connaissances pour les transmettre aux nouveaux arrivants,
explique Anne Dourgnon-Hanoune, ingénieur chercheur en ingénierie
des connaissances à EDF. Notre objectif est faire le lien entre les
générations d’intervenants, en commençant par effectuer
une mise au point sur les connaissances fondamentales. »
En témoigne l’exemple du relayage électromagnétique
qui équipe le contrôle-commande des centrales électriques
REP 900 MW. Les réacteurs nucléaires de 900 MW sont les plus
anciens du parc français. Il en existe actuellement 34 en fonctionnement,
ayant été couplés au réseau de 1977 à 1987.
Le contrôle-commande qui les équipe a été conçu
au moins une dizaine d’années auparavant, à base de relayage
électromagnétique. Discipline qui aujourd’hui n’est
plus utilisée et ni enseignée.
« Il existe de très nombreuses sortes de relais, répondant
à une terminologie inflationniste. Dans les années 70, lors
de la conception des centrales, étaient utilisés les termes
de “relais tout-ou-rien” et “relais à seuil”,
dans les années 80, en exploitation, les termes “relais d’automatisme”
et “relais de protection” sont apparus. Ensuite, la normalisation
a introduit les termes de “relais de mesure” et de “relais
à temps spécifié”. Enfin, dans les années
2000, les “relais monofonction” et les “relais multifonction”
sont évoqués… Les seuls personnels ayant la connaissance
de ces relais sont les agents de maintenance, les personnels des centres de
formation et ceux qui opèrent en qualification. Les agents en charge
des schémas, travaillent sur des plans ou des documents où sont
utilisées de très nombreuses appellations. Dans ce contexte,
il était possible de regrouper les termes par ensembles sans bien les
comprendre. Mais notre démarche était à l’inverse
de comprendre chaque terme pour simplifier la représentation et proposer
une terminologie cohérente. Nous arrivons aujourd’hui à
un stade où il n’existe pas de correspondance univoque entre
les termes d’usage et les termes de conception, comme cela était
le cas dans les années 80. Aujourd’hui, nous sommes arrivés
à ce que chaque métier utilise son propre vocabulaire, tout
en s’accordant sur les concepts communs. Cela assure une stabilité
à l’application. Ainsi, certains relais qui ne sont plus fabriqués
peuvent disparaître de l’application et être remplacés
par d’autres en garantissant une mise à jour facilitée
de la terminologie. Globalement, nous avons réduit la complexité
d’un facteur 5 ! »
(Extrait d’une intervention lors de la
journée d’information et de débats du 10 juin 2008)
GESTION DES CONNAISSANCES
Un outil mondial constamment à jour
Avec le total appui de la hiérarchie, Degrémont
(groupe Suez) a mis en place un partage des connaissances techniques à
l’échelle mondiale. Baptisé Eureka, cet outil est géré
par une équipe dédiée qui opère un suivi permanent
avec l’aide des experts et des ingénieurs. Démarche stratégique,
ce « knowledge management » fiabilise l’ingénierie
et fait gagner du temps aux opérationnels.
Un serveur avec des informations rentrées de façon informelle
et non vérifiées présente le risque de mettre à
disposition d’utilisateurs internes, des documents non appropriés
pouvant impacter financièrement un projet. Suite à un tel incident,
la réflexion de Degrémont s’est cristallisée autour
de la problématique de gestion des connaissances. « Les documents
n’étaient jusqu’alors pas recoupés entre eux. Autre
problématique, nous avions en parallèle une documentation électronique
sur les serveurs et une documentation papier souvent obsolète »,
explique Françoise Alexiade Dubois, knowledge manager chez Suez.
« La démarche Eureka a pris 18 mois, pour aboutir à
une application informatique en ligne diffusée à travers toutes
nos filiales de part le monde. Cela peut paraître long, mais elle a inclu
une phase de réflexion et de préparation de 12 mois pour être
au plus près de l’utilisateur et qu’il puisse s’approprier
au mieux l’outil via l’Intranet de la société. Ce
développement est pour nous stratégique, notamment au regard des
appels d’offres. Certains de nos clients demandent à des sociétés
de consultants de réaliser des audits des prestataires potentiels. La
gestion des connaissances est un des volets de ces audits… Nous devons
prouver que nous sommes capables de gérer au mieux les connaissances
au sein de l’entreprise.
C’est aussi un gain de temps, car en incitant les collaborateurs à
utiliser cette plate-forme, nous sommes certains qu’ils trouveront rapidement
une information à jour. Une telle gestion est parfois longue et complexe,
mais nous devons nous assurer que lorsque l’on met en ligne un document,
il n’en existe pas une autre version ailleurs. L’information doit
rester unique. Sans être pour autant dans une stratégie d’e-learning,
nous utilisons aussi cette plate-forme pour diffuser nos supports de formation.
Sur un même sujet, nous pouvons avoir des documents classés dans
des répertoires relatifs à différents niveaux d’accès.
Ainsi, certains liens ne sont actifs que si la personne recherchant le renseignement
est autorisée à accéder à ce niveau d’information.
Des notes de calculs ou de recherche ne seront, par exemple, accessibles qu’à
certaines personnes ou experts. Les droits d’accès sont gérés
par des correspondants Eureka situés dans toutes les filiales. Notre
objectif est de simplifier l’information au maximum. A un tel point que
nous ne mettons jamais en ligne un document avec des abréviations non
expliquées. Cela n’a l’air de rien, mais revenir sur toutes
les abréviations dans un domaine constitue une lourde tâche. Parfois,
même les experts ne savent plus à quoi correspondent certaines
abréviations ! Cette démarche évite surtout des ambiguïtés
à la traduction. Nous faisons aussi des efforts sur la facilité
de lecture, la structuration, les couleurs… Cela est très important.
La restructuration de certains documents d’expert apporte beaucoup à
leur compréhension.
Nous assurons un suivi de la consultation des bases de données pour éviter
les fuites d’informations. Il est déjà arrivé à
deux reprises que des personnels mal intentionnés essayent de partir
de l’entreprise en emportant une partie du savoir-faire. Pour cela, nous
avons mis en œuvre un seuil de détection de volume de consultation
pour être avertis de pratiques non ordinaires. A nous ensuite de consulter
la hiérarchie pour vérifier le caractère normal ou non
de cette activité. »
Quel coût ? « Les sommes engagées représentent 0,2
à 0,3 % du chiffre d’affaires de Degrémont. Ce chiffre peut
sembler élevé, mais il intègre le coût de l’équipe
de gestion et aussi celui des experts et des ingénieurs à qui
nous demandons des relectures et des validations. »
(Extrait d’une intervention lors de la journée
d’information et de débats du 10 juin 2008)
Glanez ici 4 idées ou points de vue à la minute ! Top chrono…
Capitalisons-nous des connaissances
?
« Nous sommes tous conscients que l’on a changé d’ère,
aussi bien économique que sociétale. Des expressions comme “Economie
de la connaissance”, “Capitalisme cognitif” montrent bien
que la connaissance est devenue importante pour son aspect économique.
Si l’on revient quelques années en arrière, il était
question d’IST - Information Society of Technology. Aujourd’hui,
nous sommes entrés dans la société de la connaissance.
Evolution intéressante car nous avons tous tendance à capitaliser,
regrouper, digitaliser, en créant par exemple des bases documentaires.
Nous capitalisons des informations. Mais capitalisons-nous des connaissances
? Ce n’est pas certain. Il ne suffit pas de digitaliser une bibliothèque
pour en avoir les connaissances sur le domaine. Et des mots clés ne sont
pas suffisants » : Christophe Roche, professeur au sein de l’Equipe
Condrillac « Ingénierie des connaissances » à l’université
de Savoie et membre de l’Institut Porphyre.
(Extrait d’une intervention lors de la journée
d’information et de débats du 10 juin 2008)
Le savoir-faire détrône les moyens
de production
« Caractéristiques de la nouvelle ère économique
: une place croissante de l’immatériel dans la production des richesses.
Mais cette société est aussi fortement technologique. Nous résonnons
aussi de plus en plus en termes de communauté de pratique. Dans ce cadre,
la communication et les échanges d’informations sont devenus des
problèmes clé de cette nouvelle société numérique.
On peut retenir globalement que la principale richesse d’une entreprise
réside aujourd’hui davantage dans ses savoirs et savoir-faire que
dans ses moyens de production » : Christophe Roche, professeur au
sein de l’Equipe Condrillac « Ingénierie des connaissances
» à l’université de Savoie et membre de l’Institut
Porphyre.
(Extrait d’une intervention lors de la journée
d’information et de débats du 10 juin 2008)
Qu’est-ce qu’une connaissance ?
« Notre nouvelle société engendre de nouveaux besoins,
telle la gestion du capital humain : départ à la retraite, délocalisation,
plan de formation… Cette gestion, que certains appellent la GPCE, gestion
prévisionnelle des emplois et des compétences, prend en compte
la criticité des compétences et leur capitalisation. La gestion
du capital intellectuel nécessite sa pérennisation. Pour cela,
il faut l’identifier et le représenter, ce qui est loin d’être
simple, à des fins de transmission, de réutilisation et de partage.
Sans oublier la mise à jour ! Tout cela nous amène à définir
ce qu’est la connaissance. Mais qu’est-ce qu’une connaissance
au juste ? » : Christophe Roche, professeur au sein de l’Equipe
Condrillac « Ingénierie des connaissances » à l’université
de Savoie et membre de l’Institut Porphyre.
(Extrait d’une intervention lors de la journée
d’information et de débats du 10 juin 2008)
DECENTRALISATION
Automatique et Réseaux de communication
Engagée depuis plus d’une décennie,
la décentralisation des équipements d’automatisme n’a
pas encore atteint son paroxysme. A Grenoble, le laboratoire GIPSA-LAB travaille
actuellement sur la meilleure adéquation distribution-décentralisation,
à l'interface de l'automatique, du diagnostic, des réseaux et
de la sûreté de fonctionnement...
Au sein du département Automatique du GIPSA-LAB (1), laboratoire associé
au CNRS, à l'INPG et à l'UJF (2), plusieurs groupes d’enseignants
chercheurs travaillent sur la commande et le diagnostic des systèmes
d’automatisme distribués, ou plus précisément de
leur extension, les systèmes commandés en réseaux. Ces
équipes rassemblent leurs compétences sur les réseaux et
sur l'automatique. Ainsi, les travaux portent sur :
- la distribution du diagnostic ou de la commande selon un certain découpage,
le tout sur une architecture distribuée ;
- la supervision du diagnostic ou de la commande,... en considérant les
risques d’incohérence pouvant survenir dans ce contexte. Les études
prennent notamment en compte l’influence des réseaux, les pertes
et retards de trames, pour analyser le comportement des systèmes.
« Les systèmes distribués se caractérisent par
la répartition des différents composants communiquant entre eux
par le biais d'un vecteur de communication tel que réseau, réseau
de terrain, réseau sans fil, ajoute Jean-Marc Thiriet, enseignant
chercheur et professeur à l’Université Joseph Fourier de
Grenoble. Deux points importants ouvrent des perspectives de recherche scientifique
: la répartition des organes de décision qui implique la nécessité
de mettre en place une décision globale et l'utilisation d'un vecteur
de communication conduisant à prendre en compte les contraintes qui lui
sont liées : retard, perte et autres altérations. Les problèmes
de répartition au mieux de la commande et du diagnostic, sur une architecture
distribuée, afin d'optimiser les coûts et la sûreté
de fonctionnement, sont au cœur de nos préoccupations. Puisque les
réseaux sans fil sont de plus en plus des éléments incontournables
de ces nouveaux développements, les aspects économie d'énergie
sont également à prendre en compte. »
Contact Jean-Marc Thiriet : jean-marc.thiriet(at)ujf-grenoble.fr
(1) Le LAG (Laboratoire d’automatique de Grenoble) a rejoint l'ICP (Laboratoire
de recherche en parole) et le LIS (Laboratoire des images et des signaux) pour
créer le GIPSA-LAB depuis le 1er janvier 2007.
(2) UMR 5216, Unité Mixte de Recherche du Centre National de la Recherche
Scientifique, de l'Institut National Polytechnique de Grenoble et de l'Université
Joseph Fourier.
ROBOTIQUE
L’Ecole des Mines remporte l’appel d’offre européen
Angels
Déjà engagée sur un projet
de “Robot anguille en milieu opaque”, l’Ecole des Mines de
Nantes et ses partenaires (Université de Stuttgart, Ecole Polytechnique
Fédérale de Lausanne et Université italienne de Pise) ont
été retenues dans le cadre de l’appel d’offre européen
“Embodied Intelligence” du programme “Future and Emerging
Technologies.
L’appel d’offre européen remporté par l’Ecole
des Mines de Nantes vise à mener le projet Angels, qui consiste à
l’élargissement du projet RAAMO « Robot anguille autonome
en milieu opaque » actuellement en cours. Ce nouveau projet débutera
en janvier 2009 pour une durée de 3 ans avec un budget de 3 M€.
Pour cette recherche qui implique de cordonner plusieurs champs de compétences
comme la biologie, la mécanique, l’hydrodynamique, la robotique,
l’informatique et les technologies de la physique de particules, le projet
sera porté conjointement par 3 laboratoires de l’école :
l’IRCcYN (Automatique et Productique), le Subatech (physique nucléaire)
et le DSEE (Systèmes Energétiques et Environnement). Le programme
de recherche sur le robot anguille a été initié en septembre
2004 via le projet ROBEA piloté par Frédéric Boyer, enseignant
chercheur au laboratoire IRCcYN de l’Ecole des Mines de Nantes. Ce projet
avait pour objectif de reproduire les performances des poissons sous forme d’un
robot anguille, apte à nager en trois dimensions. Cette recherche interdisciplinaire
est sur le point de donner naissance à un premier robot de deux mètres
de long et 15 cm de section.
Forte de ces résultats, l’Ecole des Mines de Nantes s’est
lancée dans un nouveau projet présenté et labellisé
par l’ANR au printemps 2006 : le projet RAAMO ou Robot Anguille Autonome
en Milieu Opaque, l’objectif étant de développer l’autonomie
du robot anguille en copiant le sens électrique tel que pratiqué
par certains poissons pour se déplacer dans les milieux opaques. La troisième
phase de recherche d’Angels fait appel à des procédés
de robotique reconfigurable et vise à développer un robot anguille
modulable, capable de se diviser en robots identiques mais plus petits, aptes
à communiquer et inversement à se réassembler. Cette nouvelle
caractéristique doit offrir au robot la possibilité de se déplacer
en s’adaptant à son environnement : réduire sa taille en
se démultipliant pour se faufiler dans les tuyauteries anguleuses, analyser
un objet selon divers points de vue.
Cette anguille robotisée offrira des perspectives dans le domaine de
la surveillance militaire, de la maintenance des plates-formes off-shores ou
de l’endoscopie industrielle et médicale.
La e-lettre
n°8
La terre n’appartient pas à l’homme, c’est
l’homme qui appartient à la terre
A l’heure où notre monde vit de sérieuses
remises en question, le club AUTOMATION réaffirme ses convictions !
Jean-Marie Gustave Le Clézio a reçu le 10 décembre dernier
à Stockholm le prix Nobel de littérature. Livre après livre,
Le Clézio réaffirme ce qui pourrait paraître évident
pour certains. Quel rapport avec le club AUTOMATION ? Je pense qu’il
faut toujours affirmer ses convictions année après année.
Cela s’illustre par le fait que, depuis de nombreuses années, notre
association a conservé son indépendance autant dans le choix de
ses activités que dans son organisation et dans la gestion de son fonctionnement.
Votre adhésion assure et pérennise directement l’autonomie
et la capacité du Club à offrir les meilleures prestations.
Le club AUTOMATION reste un formidable pôle d’information
et d’échanges entre les membres issus du milieu industriel et technique.
Mais si les sources d’information sont innombrables, nous manquons tous
de temps pour les exploiter entièrement…
Nous insistons sur ces évidences car nous ne pouvons exister sans vous. Quelques internautes pensent que la gratuité des informations sur la “toile” va libérer notre planète des livres, de la presse et des associations. Que serait notre monde sans cette présence “de l’ancien monde”, mais véhiculant une véritable information et de véritables échanges ? A chacun de l’imaginer !
Si je reprends en toute modestie une de mes convictions : « Le contrôle industriel n’appartient pas au club, c’est le club qui appartient au contrôle industriel ! »
CONTROLE-COMMANDE
EMBARQUE
Ouragan optimise le métro parisien
Le projet de nouveau contrôle-commande
du métro parisien va permettre d’optimiser le service commercial
des rames tout en assurant un contrôle permanent de la sécurité.
Enfin, le choix d’un référentiel défini par la
RATP permet de maintenir un minimum de concurrence entre fournisseurs qui
pourront être amenés à travailler ensemble sur un même
système.
Dans les années 70, la RATP a commencé à équiper
la plupart de ses lignes de métro d’un système de pilotage
automatique. De quoi piloter le train d’une station à une autre
sans intervention du conducteur. Cette avancée a permis notamment de
répondre au besoin de régularité de la fréquence
des rames. A cela a été ajouté un système de contrôle
et de sécurité de la conduite manuelle afin de s’assurer
de l’éveil du conducteur, du respect des feux de signalisation
et du respect de la vitesse maximale. Aujourd’hui, la RATP fait évoluer
le contrôle-commande sur la base du projet Ouragan. Elle fait ainsi
face aux besoins de renouvellement patrimonial d’une solution en place
depuis plus d’une trentaine d’années. Signalisation ferroviaire
et supervision des différentes lignes seront ainsi également
renouvelées..
« Un des objectifs du projet Ouragan, nouveau système de
contrôle-commande des métros parisiens, est d’améliorer
l’offre de transport, explique Claire Geguen, chargée d’affaires
RATP. Il faut savoir qu’entre deux trains, la distance est incompressible
et ne peut être inférieure à la distance séparant
deux signaux. D’où le fait d’assurer une signalisation
en cabine, ce qui permet de positionner les trains en temps réel en
pouvant les rapprocher plus qu’ils ne le sont actuellement. »
Au final, la capacité de transport est accrue. La qualité de
service s’en trouve indirectement améliorée en remédiant
aux problèmes de panne des systèmes de signalisation horizontale.
Le renouvellement du contrôle-commande permet également d’améliorer
la sécurité. Actuellement, la sécurité n’est
contrôlée que ponctuellement. Ouragan introduit alors un contrôle
continu des espacements entre rames. Cela comprend aussi le contrôle
du respect des vitesses en tous lieux du parcours.
« Il ne faut pas non plus oublier l’objectif économique
du projet de renouvellement du contrôle-commande : maintenir un minimum
de concurrence entre ces différents fournisseurs par le biais d’une
stratégie industrielle. Il s’agit notamment de définir
un standard via la maîtrise d’ouvrage, puis une déclinaison
technique par sous-systèmes et un système de messagerie inter-sous-systèmes.
» A partir de ces éléments, il a été
décidé de procéder à un appel d’offres par
lots relatifs à chaque sous-système. On peut alors attribuer
un lot embarqué et un lot au sol à deux industriels différents,
sachant que chaque lot devra communiquer selon les mêmes spécifications
fonctionnelles précédemment définies. De cette manière,
la RATP est certaine de pouvoir gérer un système interchangeable.
Ainsi, tout projet de rénovation ou d’équipement d’une
nouvelle ligne passe par un appel d’offres sur la base du référentiel.
« Le groupement des différents industriels retenus sur une
même ligne, mène en commun une analyse de sécurité
aux niveaux systèmes et sous-systèmes par équipement.
Les fournisseurs font ensuite chacun la preuve de la sécurité
de leurs équipements propres. Ils démontrent qu’ils fournissent
des équipements de sécurité, c’est le “premier
regard”. Ensuite, en interne, nous reprenons leurs données pour
effectuer sa propre démonstration, c’est le “deuxième
regard interne”. Enfin, un EOQA (Expert ou Organisme Qualifié
Agréé) valide l’ensemble des démonstrations avant
de donner l’accord de mise en service de l’installation. »
Première étape de réalisation : l’installation
sur les lignes 3 et 5 du métro, puis 9, 10 et 12. Alors que le projet
d’automatisation intégrale de la ligne 1 est en cours.
(Extrait d’une intervention lors de la
journée d’information et de débats du 20 novembre 2008)
ELECTRONIQUE
ET AUTOMOBILE
Les tendances des architectures embarquées
De plus en plus, les architectures embarquées
dans l’automobile riment avec complexité. Pour simplifier la problématique
d’intégration et réduire les coûts de développement,
les constructeurs automobiles et les équipements se tournent vers des
architectures réellement adaptées. Objectif : le “plug &
play”.
Aujourd’hui, l’électronique embarquée est à
la base de 80 % des évolutions dans le domaine de l’automobile,
ce qui impose une part importante de développement !
Les premières applications de l’électronique embarquée
sont apparues dans le courants des années 80 et 90 au niveau de la gestion
des moteurs et des systèmes de freinage, puis au niveau de la direction
ou de la suspension dynamique ou encore de la traction avec les boîtes
de vitesse automatiques voire robotisées. Cette émergence de l’électronique
embarquée a fait naître de nombreux besoins… Les systèmes
embarqués se sont aussi déclinés au service du confort
: réglage des sièges, ouvrants, éclairage, multimédia
et sécurité passive.
« L’électronique embarquée dans le domaine de
l’automobile fait appel à une classification des applications des
réseaux », ajoute Laurent Muller, formateur chez NSI. La classe
A (10 kbits/s) et la classe B (125 kbits/s) concernent le périmètre
habitacle et le périmètre carrosserie. La classe C (débits
inférieurs à 1 Mbits/s) s’applique au périmètre
châssis et au périmètre moteur. Enfin, la classe D (débit
supérieurs à 1 Mbits/s) s’applique au périmètre
multimédia embarqué.
Il existe aujourd’hui des liaisons entre ses systèmes, au moyen
de passerelles, plus ou moins nombreuses. « Le but de l’interconnexion
est de partager des informations telles que l’asservissement des phares
sur les capteurs de position des amortisseurs pour effectuer un réglage
dynamique… mais tous ces systèmes ont initialement été
développés indépendamment les uns des autres, puis interconnectés.
Aujourd’hui, on ne pourrait plus imaginer de développer un système
embarqué sans faire un état des lieux des données existantes
sur le réseau de communication, afin de valider son intégration,
a priori, afin de passer à la phase d’implémentation. »
Les constructeurs français intègrent aujourd’hui sur leurs
véhicules de 20 à 40 calculateurs(1) embarqués, alors que
les constructeurs allemands vont jusqu’à plus de 60 calculateurs
sur leurs véhicules de catégories supérieures! Toutefois,
les stratégies d’intégration des calculateurs ne sont pas
directement comparables de part et d’autre du Rhin.
Inflation : « D’un seul réseau de communication inter-système
dans les années 90, nous sommes aujourd’hui passés à
5 à 7 réseaux de communication embarqués, se répartissant
l’ensemble des calculateurs en fonction des contraintes temps réel
et des flux d’échange au travers des passerelles de communication.
»
La problématique chez tous les constructeurs automobiles consiste à
faire fasse à la croissance du nombre de calculateurs embarqués,
synonyme de complexité d’intégration à tous les niveaux
(flux de communication, localisation géographique dans le véhicule,
coûts).
Par ailleurs, les constructeurs cherchent à intégrer de nombreux
capteurs et actionneurs bas niveau. Aujourd’hui, il existe dans un véhicule
jusqu’à 200 mini moteurs électriques à gérer
! Des contraintes temps réel grandissantes apparaissent également.
« Des standards tels que CAN sont bien établis, mais n’apportent
pas de solution viables à bas niveau et ne répondent pas aux cahiers
des charges des contraintes sécuritaires, notamment en terme de temps
de latence. D’où le besoin de recréer des réseaux
privatifs pour les applications temps réel à contraintes fortes,
ce qui n’est pas souhaité par les constructeurs pour des raisons
de coûts et de manque de souplesse. »
Actuellement, il n’est pas encore possible d’intégrer de
façon “plug & play” une nouvelle fonction sur une architecture
existante. D’où le fait que l’innovation reste associée
à l’apparition de nouveaux calculateurs. On cherche donc à
avoir une standardisation des interfaces au niveau applicatif pour pouvoir greffer
une nouvelle fonction logicielle sur un calculateur sans avoir besoin, au préalable,
de définir un processus de développement relativement lourd, notamment
entre constructeurs et équipementiers. « On souhaite globalement
pouvoir développer des applicatifs de façon totalement indépendante
de l’architecture. L’objectif est aussi de garantir une disponibilité
des briques logicielles de base pour pouvoir développer une structure
logicielle sans avoir à redévelopper les couches basses de communication
sur le réseau lors d’un changement de microprocesseur. »
Les constructeurs souhaitent disposer d’exigences clairement définies
par domaines pour mettre en face la technologie la plus adaptée en termes
de performance mais aussi de coût. Les constructeurs français recherchent
notamment la flexibilité des architectures afin de pouvoir les décliner
pour les véhicules de catégorie inférieure, sans avoir
à redévelopper spécifiquement certains calculateurs. D’où
une économie d’échelle.
(1) Le monde de l’automobile dispose de sa propre définition du
calculateur : ensemble électronique doté d’une intelligence
embarquée, connecté à un réseau et pouvant prendre
la forme d’un processeur de commande, d’un capteur ou d’un
actionneur.
(Extrait d’une intervention lors de la journée
d’information et de débats du 20 novembre 2008)
EDUCATION
Un robot éducatif pour introduire les systèmes embarqués
Amener les plus jeunes à aborder la programmation
de systèmes embarqués, c’est l’objectif que s’est
fixé la célèbre société Lego, en partenariat
avec le savoir-faire en électronique et en programmation de National
Instruments. Ainsi, est né le robot éducatif Mindstorms NXT…
Le premier robot est apparu en 1999 chez Lego Education qui propose des solutions
éducatives pour les enfants de 0 à 16 ans… « et
même pour les ingénieurs qui peuvent jouer avec des produits relativement
techniques ! », rassure Mirella Mariani, directrice régionale
Europe Sud chez Lego Education. Légo Education conçoit des offres
spécifiques pour le monde de l’enseignement. Objectif : créer,
résoudre des problèmes et travailler en groupe. « Nous
travaillons avec de nombreux partenaires tels que First qui organise des concours
de robotique aux Etats-Unis ou National Instruments avec qui nous avons conçu
un robot éducatif. »
Robot Lego Mindstorms NXT est un système embarqué comme un autre.
Il s’agit d’un jeu d’outils de robotique qui permet de construire
et de programmer des robots qui agissent selon les souhaits de l’utilisateur.
Au cœur du système : une brique intelligente dotée d’un
processeur 32 bits, programmable à l’aide d’un langage graphique
et dans laquelle sont définies les fonctionnalités désirées.
A cela s’associent des briques lego standards. « Conçu
pour être abordé par des enfants à partir de 10 à
12 ans, le robot se programme de deux façons différentes. Soit
via le logiciel Lego de façon graphique et intuitive, soit avec un logiciel
de National Instruments pour les ingénieurs », explique Maxime
Renaud, ingénieur marketing chez National Instruments.
Sur le module intelligent, se branchent différents capteurs et actionneurs
: capteurs de son, de lumière, de contact, de distance et des actionneurs
notamment sous la forme de moteurs. L’ensemble communique via un port
USB, mais aussi par liaison Bluetooth, afin de pouvoir inter-agir entre robots
ou avec un ordinateur.
S’agit-il d’un système embarqué ? « Tout à fait. On est en présence d’un circuit logique qui conditionne les signaux, un processeur qui intègre la logique et communique avec les entrées et sorties et une interface de communication. On retrouve ici exactement la même architecture que dans un système PAC de type NI Compact RIO. C’est pour cela que le robot Lego permet d’amener les élèves à la conception et au prototypage. Seul le déploiement diffère d’une application industrielle ! »
Prochaine étape chez Lego : la sortie de WeDo, un robot encore plus
simple pour permettre à des enfants d’accéder à la
programmation dès l’âge de 7 ans !
(Extrait d’une intervention lors de la journée
d’information et de débats du 20 novembre 2008)
Glanez ici 4 idées ou points de vue à la minute ! Top chrono…
Métro parisien : les
sous-systèmes du contrôle-commande Ouragan
« Le projet de contrôle-commande Ouragan, destiné à
équiper le métro parisien, fait appel à quatre sous-systèmes
:
- le pilotage automatique seul ;
- le module d’entrées/sorties ;
- le système de transmission de données ;
- le pilotage automatique embarqué ;
Le pilotage seul gère un par un les différents secteurs de la
ligne. Ils sont en interface avec des modules d’entrées/sorties
qui récupèrent les informations de conduite ou de protection via
la transmission de données en Gigabits Ethernet.
Le pilotage automatique embarqué de la rame définit sa position
exacte, avec un système de localisation par balise (et aussi entre deux
balises), qu’il transmet via un lien radio (2,4 ou 5,9 GHz) au système
de traitement au sol. Les informations de localisation du train et les informations
de signalisation déterminent une autorisation de mouvement et une cible
d’arrêt. Informations à partir desquelles le train calcul
le déroulement de sa progression.
L’application à chaque ligne est paramétrable, selon deux
types de contrôle-commande : Ouragan type 1, le plus performant (optimise
la distance entre les trains et améliore l’offre de transport)
et Ouragan type 2, qui assure les aspects de sécurité de circulation
des trains en temps réel et en continu, mais sans signalisations en cabine.
Ainsi, le projet Ouragan est, globalement, au moins équivalent au contrôle-commande
existant jusqu’alors sur les rames » : Claire Geguen, chargée
d’affaires RATP.
(Extrait d’une intervention lors de la journée
d’information et de débats du 20 novembre 2008)
Automobile et réseaux embarqués
: les standards émergeants
« Intervient la gestion de fonctions de plus en plus sécuritaires,
avec des contraintes temps réel non accessibles par les technologies
de protocoles actuellement utilisées dans l’automobile. Par ailleurs,
à bas niveau apparaissent essentiellement la gestion et la multiplication
des organes sur la base d’applications intelligentes. Pour répondre
à ces deux tendances extrêmes, le réseau LIN (Local Interconnexion
Network) est introduit à bas niveau et, à haut niveau, FlexRay,
qui commence à être déployé par les constructeurs
allemands et évalué par les autres.
LIN se place pour sa part en alternative au bus CAN pour les applications à
forte contrainte de coûts. Ainsi, pour un capteur relativement simple,
on peut se passer d’électronique coûteuse (microprocesseur
ou microcontrôleur) tout en bénéficiant de règles
de communication suffisamment évoluées. LIN est un bus maître/esclave,
avec un maître unique et jusqu’à 16 esclaves. Il travaille
avec des échanges de 20 kbits/s sur 40 mètres de faisceau. C’est
une solution ouverte comparativement aux solutions propriétaires (Bean
de Toyota, CCD de Chrysler ou BSS de Bosch). Le remplacement de protocoles propriétaires
par LIN permet d’autoriser les secondes sources, par exemple pour les
alternateurs pilotés.
Pour sa part,FlexRay doit supporter deux types d’applications critiques
: la saturation du protocole CAN dédié aux applications moteur
et châssis. FlexRay devrait aussi venir en préparation des solutions
pour les applications à contraintes plus sévères introduites
à l’horizon 2012/2015 pour le contrôle des châssis
évolués, le freinage électrique et la direction électrique
», Laurent Muller, formateur chez NSI.
(Extrait d’une intervention lors de la journée
d’information et de débats du 20 novembre 2008)
Chacun son langage : le début des problèmes…
Loïc Depecker, professeur à l’université de Paris-Sorbonne
et membre de la Société Française de Terminologie : «
En terminologie de notre point de vue, grâce aux représentations
et à la formalisation que donne l’intelligence artificielle, nous
cherchons à faire se rapprocher la langue de la conceptualisation et
du réel. » Le signe linguistique est constitué d’un
certain nombre d’unités, relatives à la sémantique,
et représentant pour chacune d’elles la plus petite unité
de sens.
La terminologie traite des unités linguistiques. Les concepts sont exprimés
par ses unités linguistiques. La prolifération synonymique présente
dans nos textes et documents est incroyable !
La terminologie traite des unités linguistiques. La prolifération
synonymique présente dans nos textes et documents est incroyable ! Chacun
cultive sa terminologie à part et lorsque nous essayons de tout réunir,
nous nous trouvons face à une prolifération de synonymes…
(Extrait d’une intervention lors de la journée
d’information et de débats du 10 juin 2008)
nnn